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	<title>Commentaires sur : Retour café philo</title>
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	<description>Université Populaire de Verdun</description>
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		<title>Par : Eulalie</title>
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		<dc:creator>Eulalie</dc:creator>
		<pubDate>Sat, 16 May 2009 13:45:03 +0000</pubDate>
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		<description>A propos du café philo du 22 avril 2009 

Merci Arnaud pour la charge oxymorique du sujet qui nous a fait tourner en rond un bon moment autour de la question : « Y a-t-il une nécessité de l’inutile ?»

Puisque l’Inutile absolu n’existe pas (nous n’en avons pas trouvé), de Voltaire « le superflu est chose très sérieuse à la « nécessité » de la métaphysique moderne de Leibnitz et Spinoza pour lesquels « la nécessité est ce qui ne peut pas ne pas être », nous étions dans le piège de la question qui porte en soi sa contradiction.

Heureusement grâce à Nietzsche nous avons pu en sortir. La fonction du vivant étant d’actualiser ses potentialités et ses forces, nous avons pu considérer la nécessité (au sens commun) de l’inutile dans sa dimension plus pleine, au-delà de celle des besoins primaires même si ceux-ci peuvent être hiérarchisés (cf. pyramide de Maslow).

Les tenants de la prééminence du symbolique sur le réel (mais pourquoi vouloir toujours des rapports de force ?) renvoient à l’Art. En dehors des aspects commerciaux, quelle utilité sociale, individuelle à l’œuvre ? La question est d’autant plus pertinente s’il s’agit d’œuvres éphémères : châteaux de sable, sculpture sur glace…

Objections des artistes : l’utilité réside dans l’acte de création lui-même au sens de la pulsion à réaliser, du plaisir de faire et de décharge de l’énergie du surhomme nietzschien bien compris. C’est dans l’instant de l’acte de création qu’est la nécessité et non pas dans sa durée, ni dans sa valeur marchande ni dans sa fonction d’échange avec le spectateur. 
L’Art est utile à la réalisation de l’humanité et l’utilité/inutilité ne s’inscrit pas dans la temporalité.

A preuve : l’obscur chercheur devient un génie scientifique, l’objet considéré inutile à sa création devient indispensable à la bonne marche de la planète.

Apposer un diagnostic d’inutilité donc de non-nécessité et logiquement en empêcher le développement, c’est interdire à l’intelligence de travailler, c’est nier les potentialités des processus d’élaboration, leur interdire de suivre leur cours obscurs puis d’émerger sous forme de découvertes, d’avancées vers un progrès porteur d’avenir.

Nous ne pouvons qu’être d’accord sur le refus de répondre à la question initiale par un simple oui ou non. 
Nous ne pouvons qu’être unanimes pour soutenir qu’il y a nécessité impérieuse dans notre société, à notre époque de préserver la possibilité de l’inutile.
Voir « Eloge de la paresse » de Paul Lafargue et « La lenteur » de Milan Kundera.

N’était-ce pas un beau café philo ?

Merci Arnaud</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>A propos du café philo du 22 avril 2009 </p>
<p>Merci Arnaud pour la charge oxymorique du sujet qui nous a fait tourner en rond un bon moment autour de la question : « Y a-t-il une nécessité de l’inutile ?»</p>
<p>Puisque l’Inutile absolu n’existe pas (nous n’en avons pas trouvé), de Voltaire « le superflu est chose très sérieuse à la « nécessité » de la métaphysique moderne de Leibnitz et Spinoza pour lesquels « la nécessité est ce qui ne peut pas ne pas être », nous étions dans le piège de la question qui porte en soi sa contradiction.</p>
<p>Heureusement grâce à Nietzsche nous avons pu en sortir. La fonction du vivant étant d’actualiser ses potentialités et ses forces, nous avons pu considérer la nécessité (au sens commun) de l’inutile dans sa dimension plus pleine, au-delà de celle des besoins primaires même si ceux-ci peuvent être hiérarchisés (cf. pyramide de Maslow).</p>
<p>Les tenants de la prééminence du symbolique sur le réel (mais pourquoi vouloir toujours des rapports de force ?) renvoient à l’Art. En dehors des aspects commerciaux, quelle utilité sociale, individuelle à l’œuvre ? La question est d’autant plus pertinente s’il s’agit d’œuvres éphémères : châteaux de sable, sculpture sur glace…</p>
<p>Objections des artistes : l’utilité réside dans l’acte de création lui-même au sens de la pulsion à réaliser, du plaisir de faire et de décharge de l’énergie du surhomme nietzschien bien compris. C’est dans l’instant de l’acte de création qu’est la nécessité et non pas dans sa durée, ni dans sa valeur marchande ni dans sa fonction d’échange avec le spectateur.<br />
L’Art est utile à la réalisation de l’humanité et l’utilité/inutilité ne s’inscrit pas dans la temporalité.</p>
<p>A preuve : l’obscur chercheur devient un génie scientifique, l’objet considéré inutile à sa création devient indispensable à la bonne marche de la planète.</p>
<p>Apposer un diagnostic d’inutilité donc de non-nécessité et logiquement en empêcher le développement, c’est interdire à l’intelligence de travailler, c’est nier les potentialités des processus d’élaboration, leur interdire de suivre leur cours obscurs puis d’émerger sous forme de découvertes, d’avancées vers un progrès porteur d’avenir.</p>
<p>Nous ne pouvons qu’être d’accord sur le refus de répondre à la question initiale par un simple oui ou non.<br />
Nous ne pouvons qu’être unanimes pour soutenir qu’il y a nécessité impérieuse dans notre société, à notre époque de préserver la possibilité de l’inutile.<br />
Voir « Eloge de la paresse » de Paul Lafargue et « La lenteur » de Milan Kundera.</p>
<p>N’était-ce pas un beau café philo ?</p>
<p>Merci Arnaud</p>
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