Derrière la polémique
3 juin 2010 | Propos et pensées divers
Le livre de Michel Onfray, le Crépuscule d’une idole déchaîne les passions ; le philosophe est voué aux gémonies par les zélateurs de Freud, une bonne partie de l’intelligentsia et toute la cohorte des demi lettrés qui se gargarisent des subtiles analyses médiatiques faites sur le sujet. Le livre d’Onfray est-il aussi sulfureux qu’on le prétend ? Au-delà des discussions stériles qui portent sur le portrait au vitriol réalisé par Onfray sur le père de la psychanalyse, il faut noter que, par le passé, des critiques sévères ont été portées aux théories freudiennes. Que l’on songe par exemple à des ouvrages comme L’anti -oedipe, schizophrénie et capitalisme de Deleuze et Guattari, qui a nourri une critique conceptuelle très puissante du corpus freudien. Mais, à l’époque, ces livres ne circulaient que dans des cercles intellectuels et universitaires relativement restreints et les critiques adressées à Freud ne parvenaient pas jusqu’au grand public. Aujourd’hui, fait nouveau, une partie du grand public consomme de la culture et découvre le monde des idées dans des livres de vulgarisation rédigés à son attention. Or, cela confine à la bouffonnerie quand on feint de découvrir ce que l’on savait déjà, et que l’on organise un cirque médiatique autour de révélations qui n’en sont pas. Les critiques de Michel Onfray et les diatribes de ses détracteurs ne sont pas intéressantes pour elles mêmes, mais comme signes et symptômes d’une société qui confond pensée et marketing.


5 Réponses à “Derrière la polémique”
À propos de l’affaire Onfreud :
http://www.facebook.com/notes/psychanalogie/en-realite-michel-onfray-veut-sauver-la-psychanalyse-contre-freud-et-les-psychan/391038327884
= http://goo.gl/srst
Où l’on découvre dans les propos de M. Onfray dans la presse et à la télévision qu’il cherche à substituer à la psychanalyse dite « freudienne » une « psychothérapie pour aujourd’hui », « psychanalyse post-freudienne », consistant en… la « méditation philosophique », substituée par supersessionisme. Et que pour cela, il cherche à ridiculiser la règle fondamentale, la « loi » de la psychanalyse, qui consiste du côté du patient à dire tout ce qui vient à l’esprit (« association libre »). Et que dans ces conditions, le livre de M. Onfray cherchant à ridiculiser Freud n’est qu’un moyen de parvenir à ses fins qu’il révèle par ailleurs : « je souhaite dire que j’aimerais que ce livre soit aussi et surtout l’occasion de penser une psychothérapie pour aujourd’hui », in article de M. Onfray publié sur le site du Monde le 7 mai 2010. Où l’on découvre que tout ceci est motivé par la phobie de la notion “freudienne” selon laquelle la « normalité » n’existe pas, et qu’il n’y a qu’une différence de degré, et non de nature, entre les « normaux » et « ceux qui ne le sont pas », et que M. Onfray estime cela scandaleux et tient à une frontière nette entre les deux, afin de pouvoir se placer… devinez dans quelle catégorie : voilà toute l’affaire. Voilà ce qu’y trouvent ceux qui soutiennent M. Onfray dans son ambition.
Sommaire
— des extraits de l’article de M. Onfray paru sur le site du Monde le 7 mai 2010 (mais non paru dans l’édition papier)
— un premier commentaire de l’article de M. Onfray paru sur le site du Monde le 7 mai 2010
— des extraits du Dossier publié par Le Monde, sur site le 7 mai 2010 et dans l’édition papier le 8 mai 2010 : deux articles parmi ceux du dossier
— les liens vers les enregistrements vidéo de la prestation de M. Onfray lors de l’émission télévisée de Laurent Ruquier le samedi 8 mai 2010
— la transcription et le bref commentaire des passages estimés essentiels de la prestation télévisée précitée de M. Onfray le 8 mai 2010
— le lien vers le blog de M. Onfray qu’il consacre à son livre et les suites de celui-ci notamment dans les médias : essentiel pour mieux apprécier la “mentalité” de M. Onfray
— addition sur la notion de science et si la psychanalyse est une science
— le lien vers le blog d’Emmanuel Fleury qu’il consacre à l’affaire Onfray et notamment liste la plus complète des liens vers les articles relatifs à cette affaire.
Voir http://www.facebook.com/notes/psychanalogie/en-realite-michel-onfray-veut-sauver-la-psychanalyse-contre-freud-et-les-psychan/391038327884
= http://goo.gl/srst
—
http://psychanalogie.fr
Par frdm.fr le 3 juin 2010
N’est-ce pas propre aux idoles que d’être défendues becs et ongles par ceux la même qui les idolâtrent?
Une critique est-elle émise? Qu’importe alors la teneur du propos, la justesse ou non de la remise en cause…la bête médiatique est en marche et c’est alors l’image du père que l’on défend, comme un drapeau, un étendard, et non plus une pensée, une vision faite de doutes et d’essais, de tentatives de réponse et d’échecs.
En réalité il y a de la religion dans ces « critiques » et « diatribes » prisent au milieu du maelström médiatique; est-ce révélateur d’une époque qui se cherche de nouveaux prophètes, de nouvelles idoles…le XXI siècle sera-t-il donc religieux…
Mais au fait, a-t-on besoin d’idoles…réponses dans un prochain café philo ?
Par Thomas le 5 juin 2010
Frdm : je ne vois pas où est le problème. Michel Onfray est fidèle à lui- même et à Nietzsche quand il entend promouvoir les conditions d’une nouvelle pensée. Mais, pour moi, l’intérêt ne réside pas sur le contenu de ce qui est dit, mais sur sa réception, qui est révélatrice du simulacre intellectuel propre à notre époque. Pour le dire autrement, cette polémique s’inscrit dans la » la société du spectacle » dont a largement parlé Guy Debord.
Thomas : je crois que cette affaire est révélatrice d’une époque déboussolée, fragilisée par la post-modernité, qui se racroche au peu de certitudes qu’il lui reste. Le problème est que les peurs ne sont jamais le terreau d’une pensée profonde.
On pourra proposer ton sujet pour la rentrée de septembre lors de notre café philo nocturne à Recourt le Creux.
Par admin le 9 juin 2010
@ admin : Mais moi non plus je ne vois pas de problème, quel problème ? Pourquoi supposer un problème ?
Par frdm.fr le 9 juin 2010
Le débat concernant Freud vu par Onfray est multiple. Ce n’est pas en remettant en cause l’homme, Freud, dans ses contradictions personnelles que l’on émet une vraie oeuvre critique. D’autre part, dire qu’une séance de psychanalyse n’est pas démocratique cela n’est pas nouveau non plus. Et encore critiquer la théorie et l’orthodoxie freudienne, cela avait été déjà fait à son époque et même par certains de ses anciens disciples. Alors M. Onfray, gardez vous , on brûle toujours au fur et à mesure ce que l’on juge de vieilles pensées! Phil
Par phil le 10 juin 2010