Archives de la catégorie ‘Ciné Philo’
Notre saison cinématographique s'achève avec Stalker d'Andreï Tarkovski, cinéaste soviétique des années soixante et soixante-dix. Avec Stalker, nous pénétrons au coeur de la métaphysique et du dialogue entre matérialisme et spiritualime. Mais cette oeuvre riche et exigeante tisse également les fils de la thématique écologique, avec notamment la place importante accordée à l'eau. Dans Stalker, cette dernière occupe une place essentielle et peut revêtir plusieurs interprétations.
Mais si Stalker est un film éminemment allégorique et symbolique, il se donne également à voir dans sa littéralité. Avec ce film, Tarkovski nous rappelle que le cinéma, c'est avant tout un art de la vision. Ce qui est bien filmé acquiert une nouvelle consistance et se laisse apprécier pour soi avant de devenir signe et de suggérer. Pour conclure, on peut avancer l'idée que Staker est fait autant pour le regard que pour la spéculation, et que si les commentaires peuvent diverger, ce qui est montré résiste à la subjectivité.
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Avec « Season of the witch », nous quittons l’univers nippon pour le cinéma indépendant américain des années 70. « Season of the witch », film méconnu et inclassable de George Romero, nous propulse dans la vie de Joan, une quinquagénaire issue de la petite bourgeoisie américaine. Pour tromper sa peur du vieillissement et échapper à la domination masculine de son milieu, Joan va s’adonner à la sorcellerie.
Tout comme dans « La nuit des morts-vivants », Romero utilise le prisme du fantastique pour nous parler du monde social. Toutefois, dans ce film, le fantastique ne fait que colorer l’histoire et renvoie davantage aux méandres de la croyance. Si le film traite des femmes et des rapports de pouvoir qui les enserrent, il le fait sans militantisme. Romero s’est toujours méfié des engagements et ne défend pas de causes au sens propre. In fine, ce que cherche à montrer le réalisateur dans un grand nombre de ses films, c’est la puissance coercitive du social et la lutte de quelques individus qui refusent d’être modifiés par lui.
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Le 14 avril « Sonatine » de Takeshi Kitano marquera notre deuxième incursion dans le cinéma japonais. Moins classique que l’œuvre du précédent ciné philo « Voyage à Tokyo », le film de Kitano peut donner à première vue une impression de légèreté, et paraître beaucoup plus anecdotique que le chef- d’œuvre d’Ozu. Pourtant, il n’en est rien ; Sonatine recèle une profondeur qui fait défaut à bien des films dits d’auteurs. Sonatine est une oeuvre appartenant au registre des films policiers. Et s’il nous donne à voir son lot de yakusas et de règlements de comptes, le film nous ouvre également les portes d’une dimension plus psychologique.
Une des caractéristiques de « Sonatine » est sa double articulation, avec d’une part un scénario linéaire classique et d’autre part une parenthèse poético-pessimiste autour du personnage principal incarné par Kitano lui-même. Ce qui rend le film intéressant, c’est cette structure originale qui nous donne l’impression de tomber d’un film dans un autre et qui donne à Sonatine sa teneur et sa singularité. D’autres éléments contribuent à la réussite du film : la violence traitée en hors champ, le temps suspendu dans certaines scènes, ou encore la mise en scène figée.
Bon film à tous !
Takeshi Kitano
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Le ciné club de Diotime débutera le 10 mars avec le film "Voyage à Tokyo" du grand réalisateur japonais Yasujiro Ozu. Le 14 avril, nous continuerons notre incursion dans le cinéma nippon avec "Sonatine" de Takeshi Kitano. Le 12 mai, nous irons voir du côté de la contre-culture américaine avec "Season of the whitches", un film de George Romero flirtant avec le cinéma expérimental. Enfin, le 23 juin, nous vous proposerons "Stalker" un film aux accents métaphysiques réalisé par Andrei Tarkowsky.
Nous n'avons pas voulu regrouper ces films autour d'une thématique, car nous préférons partir de la singularité d'une oeuvre pour dégager des thèmes. En effet, l'approche scolaire qui consiste à instrumentaliser le film et à l'utiliser comme illustration d'une idée ne s'intéresse pas à l'oeuvre en tant qu'objet artistique doué de vie propre. Convoquer le cinéma pour exemplifier un propos relève d'une démarche pédagogique, parfois très louable, mais qui fait passer le film au second plan. Un grand film exprime une idée de manière originale. Forme et fond y sont indissociables. En un sens, ce que montre un film excède ou diffère toujours du commentaire que l'on peut tenir.
Bien entendu, on peut lancer des ponts entre des oeuvres et faire ressortir des liens, mais c'est l'analyse des films qui nous permettra de le faire. Pour les quatre films qui nous concernent, on pourrait évoquer comme rencontre commune l'idée de solitude. Toutefois, cela n'aurait aucun sens de les unifier sous cette notion. La solitude dont il est question relève ici davantage de la construction et du discours tenu sur le film ; ce que nous montrent les films, c'est une collection d'affects, d'idées singulières. Dans l'esprit de Wittengstein, on pourrait dire qu'un film ne renvoie qu'à lui-même. Un fim secrète sa propre pensée que nous violentons ou occultons souvent en la rabattant sur des catégories préétablies. Pourtant, connaissance et pensée diffèrent en nature comme en acte.
Dans un prochain post, je vous en dirai un peu plus sur ces quatre films.
Arnaud Georges.
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"Solaris" d'Andreï Tarkovski est un film dense et exigeant. A partir d'une telle oeuvre, on peut engager le débat sur la métaphysique, la spiritualité, ou encore sur les méandres de l'âme humaine. A dessein, je ne souhaite pas ramener le film à une seule grande notion pour nourrir la discussion qui suivra la projection. Pour ce ciné philo, je préfère laisser la place à une expérimentation visuelle plutôt qu'à une pédagogie des images. L'intérêt d'un film réside aussi dans le fait qu'il ne se réduit jamais totalement au discours que l'on tient sur lui.
A mercredi
Arnaud Georges.
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