Ciné philo du 12 mai : « Season of the witch »

7 mai 2010 | Ciné Philo

Avec « Season of the witch », nous quittons  l’univers nippon  pour le cinéma indépendant américain des années 70. « Season of the witch », film méconnu et inclassable de George Romero, nous propulse dans la vie de Joan, une quinquagénaire issue de la petite bourgeoisie américaine. Pour tromper sa peur du vieillissement et échapper à la domination masculine de son milieu, Joan va s’adonner à la sorcellerie.

Tout comme dans « La nuit des morts-vivants », Romero utilise le prisme du fantastique pour nous parler du monde social. Toutefois, dans ce film, le fantastique ne fait que colorer l’histoire et renvoie davantage aux méandres de la croyance. Si le film traite des femmes et des rapports de pouvoir qui les enserrent, il le fait sans militantisme. Romero s’est toujours méfié des engagements et ne défend pas de causes au sens propre. In fine, ce que cherche à montrer le  réalisateur dans un grand nombre de ses films, c’est la puissance coercitive du social et la lutte de quelques individus qui refusent d’être modifiés par lui.

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La philo pointe à l’usine

26 avril 2010 | Propos et pensées divers

La réflexion philosophique prend de plus en plus d’ampleur dans notre société et se décline sous différentes formes. Aux côtés des cafés philo et des universités populaires, se tiennent les ouvrages de vulgarisation et les magasines de presse spécialisés. On commence même à voir des consultants en philosophie qui interviennent dans les entreprises pour régler des problèmes de management, ou qui proposent à des particuliers de les aider à surmonter de mauvaises passes existentielles par le biais de l’interrogation philosophique. Bref, on s’aperçoit que la philosophie est à la mode et s’innerve dans toutes les cavités du corps social pour le meilleur et pour le pire. Gilles Deleuze en son temps ironisait sur la récupération du concept par la publicité. Mais aujourd’hui, la situation semble plus inquiétante, car c’est la philosophie qui se dirige vers l’entreprise pour en récupérer son esprit. Or le philosophe n’est pas seulement un technicien  comme le consultant en ressouces humaines. En philosophie, la poursuite des fins ne peut pas être détachée des outils conceptuels et des procédés intellectuels utilisés pour penser. En outre, contrairement à une discipline relevant des sciences humaines comme la psychologie, la philosophie ne procède pas comme une théorie tendue vers son objet ; elle ne s’effectue que par le mouvement vivant de la pensée. L’activité philosophique n’est pas à proprement parler commensurable ; il n’y a pas de définition qui rende compte de ce qu’est la philosophie, puisque sa définition n’apparaît que dans le mouvement de la pensée et à titre provisoire. Philosopher n’est ni appliquer une recette toute faite, ni  mesurer des résultats. Les braves gens, qui se piquent aujourd’hui de philosophie, risquent d’être sévèrement déçus,  s’ils recherchent les mêmes effets que ceux attendus naguère avec la psychologie et la religion. Ils n’auront ni l’illusion consolatrice de la première ni l’illusion explicative de la seconde.

Café philo du mercredi 5 mai

9 avril 2010 | Cafés Philo

Le sujet du prochain café philo est :  » L’égalité est-elle toujours souhaitable?  »

Voici quelques pistes de réflexion pour un thème qui pourra passer pour légèrement provocateur auprès des tenants du « politiquement correct » et des contempteurs de toute forme d’élitisme. Avec ce sujet, deux voies s’offrent à nous ;  l’une d’elle nous emmène du côté de la philosophie politique, avec des discussions portant sur les rapports entre égalité et liberté. Des auteurs comme Rousseau, Tocqueville, ou encore  John Locke pourront s’avérer de précieux auxiliaires de pensée. La distinction entre les démocraties américaine et française peut  également être intéressante à développer. L’autre approche, bien que liée à la première, nous entraînera davantage dans une remise en question  du concept d’égalité. En effet, ce dernier apparaît aux yeux du plus grand nombre comme un concept pivot à partir duquel notre pensée s’organise. En prenant le contre- pied de cette position, et en nous interrogeant sur le sens de la valeur accordé à priori  à la notion d’égalité, nous croisons une réflexion nietzschéenne des plus stimulantes.

Ciné philo du 14 avril

31 mars 2010 | Ciné Philo

Le 14 avril « Sonatine » de Takeshi Kitano marquera notre deuxième incursion dans le cinéma japonais. Moins classique que l’œuvre du précédent ciné philo « Voyage à Tokyo »,  le film de Kitano peut donner à première vue une impression de légèreté, et paraître beaucoup plus anecdotique que le chef- d’œuvre d’Ozu. Pourtant, il n’en est rien ; Sonatine recèle une profondeur qui fait défaut à bien des films dits d’auteurs. Sonatine est une oeuvre appartenant au registre des films policiers. Et s’il nous donne à voir son lot de yakusas et de règlements de comptes, le film nous ouvre également les portes d’une dimension plus psychologique.

Une des caractéristiques de « Sonatine » est sa double articulation, avec d’une part un scénario linéaire classique et d’autre part une parenthèse poético-pessimiste autour du personnage principal incarné par Kitano lui-même. Ce qui rend le film intéressant, c’est cette structure originale qui nous donne l’impression de tomber d’un film dans un autre et qui donne à Sonatine sa teneur et sa singularité. D’autres éléments contribuent à la réussite du film : la violence traitée en hors champ, le temps suspendu dans certaines scènes, ou encore la mise en scène figée.

Bon film à tous !

Takeshi Kitano
Takeshi Kitano

 

Rectifications

21 mars 2010 | Non classé

Dans le cadre de la » semaine contre le racisme », Diotime animera deux cinés-philo.

La MJC du Verdunois a inversé les dates des évènements sur ses invitations. Voici les informations correctes :

 -vendredi 26 mars à 20h, projection de « La vague » à la MJC du Verdunois.

 -samedi 27 mars à 14h30, projection de »Malcom X » au Centre mondial